Guitariste Acoustic n° 32 Juillet 2011
Vincent EngelbrechtAphroditeAttiré dès son plus jeune âge par la lutherie, puis initié, voici plus de quinze ans, par Christophe Schütz, Vincent Engelbrecht n'en est plus à son coup d'essai. Après une magnifique basse électr-acoustique testée dans nos colonnes, voici l'aguichante Aphrodite, conçue et réalisée dans son atelier de Saint-Michel l'Observatoire. L'atout confortLe vernis (high-gloss) et les finitions boisées se révèlent remarquables. L'Aphrodite est dotée d'un "armrest", biseau marqueté qui renforce le confort de l'avant-bras sur la caisse. Les pickers apprécieront également le chevalet pinless (joliment marqueté de la même essence exotique que la rosaceet l'amrest) pour étouffer les basses. Le manche de l'Aphrodite possède un profil en C, pas trop fin et régulier de la tête à la caisse. Grâce à un frettage très bien réalisé sur une touche épaisse, la prise en main et les déplacements jouissent d'un confort optimal. Vincent Engelbrecht a par ailleurs choisi des mécaniques Gotoh (510), dont le ratio lent permet une grande précision d'accordage. A noter enfin les sillets en os, parfaitement polies et bien ajustés.Conception pousséeSi cette Aphrodite fait monter la température dès la sortie de son étui ABS, elle étonne tout autant par sa conception : une vraie beauté intérieure ! Commençons l'effeuillage : un point esthétique typique des instruments de Vincent Engelbrecht réside dans le raccord du manche à la caisse de résonance. En effet, l'âme du manche se prolonge dans la profondeur du pan coupé. L'assise se fait à l'opposé, afin que la paume de la main garde la position jusqu'aux notes les plus aiguës. La caisse est tout aussi particulière, avec une table et un fond doublés dans leurs épaisseurs respectives. Barrage de table et renforts de dos demeurent invisibles, car contenus entre les deux pièces de bois composant ceux-ci. Ce procédé n'est pas sans rappeler les doubles peaux de batterie, au timbre précis et droit, développant une richesse de nuances sans trop d'harmoniques parasites. Comme un bon pianoSi l'Aphrodite annonce un caractère esthétique bien trempé sa polyvalence lui permet de s'immiscer dans tous les registres. Son volume sonore s'avère correct eu égard à son format, la balance du spectre restant, elle, très droite. Chaque note sonne de façon pleine, avec une tenue remarquable, bien au-delà de la moyenne. Ce soutien fait apparaitre progressivement l'octave supérieur et attise l'envie de jouer de longues notes, comme on le ferait en solo sur un modèle électrique. L'équilibre en surprendra plus d'un, tant entre chaque corde que sur la totalité de la tessiture et ce sans point mort. L'Aphrodite réagit promptement aux attaques les plus faibles, mais ne s'écrase pas non plus à forte pression sur les cordes. Le jeu en accords frottés ou plaqués préserve la précision de chacune des notes qui les composent : arpèges, picking et solos s'en trouvent sublimés. Electro-simpleTout haut de gamme qu'elle est, l'Aphrodite se voit équipée d'un simple "Elément" L.R.Baggs dernière génération, avec rappel de volume en bord de rosace. A noter la présence du piezo tresse en pression sous le sillet de chevalet est relié au pré-amp intégré dans le jack. La pile se change toute les 150 heures en détendant les cordes. Ne nécessitant qu'un trou de 3mm en fond de chevalet et un de 12mm en bas de caisse pour la sortie jack/attache courroie, ce système ne provoque aucune nuisance dans l'acoustique. Le reproche récurent adressé aux piezo (souvent "claquant") se fait vite oublier ici tant le signal acoustique est riche et consistant à la source. Les qualités découvertes en acoustique sont bien reprises dans le signal en sortie, et les basses n'étant pas envahissantes, l'égalisation extérieure ne se justifiera vraiment que pour un choix de couleurs sonores. Les puristes les plus exigeant regretteront l'absence d'un vrai micro supplémentaire, qui ne fait cependant qu'à peine défaut.Dans la cour des grandsL'Aphrodite porte bien son nom : usant de mille atouts esthétiques et sonores, elle séduira tous les guitaristes. Sa polyvalence lui ouvre les portes de tous les styles musicaux, et son prix (4200 €) se justifierait même dans une présentation plus sobre. Chapeau bas, Monsieur Vincent Engelbrecht ! |
Guitare sèche le mag n° 11 Août 2011
Une déesse grecque bien françaiseAvec ce modèle unique : l'Aphrodite, Vincent Engelbrecht va au delà du simple instrument acoustique de qualité. Il nous livre sa vision de la guitare acoustique, aussi sonore que sculpturale. Attachez vos ceinture, nous allons voyager au sein de la lutherie d'exception. Avoir la chance de tester une guitare unique, réalisée par un luthier doué c'est une chose, mais avoir en plus, le dit luthier sous la main pour lui poser plein de questions, c'est encore mieux. Car qui mieux que lui pourra nous renseigner sur son travail ? Mais avant tout, il faudra garder à l'esprit qu'il s'agit d'une guitare faite sur mesure. Qui dit sur mesure sous entend que cela représente le résultat de la somme de plusieurs options appliquées à une base commune. Ici l'ergonomie comme le galbe du manche, le choix de la touche ou simplement le choix des bois sont autant de leviers à actionner pour construire une Aphrodite à son image. Il ne faut pas, non plus,perdre de vue que chaque choix décoratif ou artistique, pèse sur le prix final de l'instrument. Le poix du boisCette guitare représente un peu la mixité. On sent bien que Vincent a fait énormément de recherches sonores afin de produire un instrument qui s'utilisera en toutes circonstences. La table en cèdre rouge justifie, à elle seule, le prix de l'instrument. Imaginez que ce bois de toute beauté ait séché pendant plus de 50 ans avant de se retrouver là ! Cette table se voit doublée du même bois. On se retrouve avec un bois épais, solide et qui résonnera de plus belle. Pour compléter l'épicéa, l'Aphrodite dispose d'un fond et d'éclisses en palissandre indien qui se paiera le luxe d'un doublage en acacia français. D'après Vincent, l'acacia est un bois très résonnant, très utilisé en lutherie indienne et bulgare. Le manche et les filets sont en acajou, un bois qui se marie très bien avec l'ébène du Gabon de la touche rapportée. Le chevalet, quant à lui, est taillé dans du palissandre de Madagascar et les incrustations sont en moutouchi de Guyane. On a là, un véritable melting-pot de bois qui ont en commun une formidable capacité de résonnance, et un rendu visuel du meilleur gout. L'accastillage se limite à 6 mécaniques Gotoh à bain d'huile et l'électronique à un système de pré-amplification L.R.Baggs Element qui se pilote juste à l'aide d'un volume planqué dans la rosaceà la manière des Lakewood.Bas les pattesLa prise en main s'oppère naturellement, on trouve tout de suite ses marques. Le manche d'un diapason de 640mm est d'une largeur de 43mm (sillet) et de 53mm (à la 12ème case), pourtant taillé selon les gout du futur propriétaire, est un régal d'ergonomie. Les mains glissent toutes seules sur son vernis et le dessin très original et très particulier du talon permet un accès aux aigue qui frise la perfection. Pensez qu'il est possible grâce à lui de faire des accords sur les 23 cases que compte l'outil. Voilà qui pourrait rendre jaloux certains de nos amis guitaristes ne jurant que par les guitares électriques de type flying V, dont l'accès aux cases aigu est un des points forts. La découpe pour l'avant bras droit reste esthétique, mais elle adoucit tout de même l'arrête et préserve la circulation du sang vers la main surtout en position assise. L'instrument est parfaitement équilibré et son gabarit mesuré conviendra aussi, aux plus petits modèles féminins qui, après tout, ont autant le droit que les gros routiers de base de jouer des instruments exceptionnels.
Le choc du sonDès le premier accord, on est saisi par la richesse harmonique et la fine précision de chaque note jouée. On s'étonne également de la puissance de projection compte-tenu de la caisse de résonnance, pourtant assez standard. Inutile de bourriner pour être entendu par les derniers rangs d'une petite salle ou pour ressortir dans un bon mix live. La guitare prend sa place avec assurance grâce à des médiums riches et précis. Suivant l'endroit où l'on attaque les cordes avec la main droite, on pourra jouer sur le rendu des fréquances. Ainsi plus on se rapproche du chevalet et plus on sonnera aigu et incisif et à l'inverse, plus on grattera vers le manche et plus on sonnera grave. Pas besoin de changer de micro comme sur une solid-body, il suffit de gratouiller au bonne endroit pour obtenir le même résultat. Cela reste, somme toute, assez logique, mais rares sont l'instrument sur lequel l'effet est aussi flagrant. Je vous ait déjà dit que cette guitare était diaboliquement précise ? Oui ? Et bien je le répète ! L'autre qualificatif qui lui sied tout autant c'est "droit". Les sons de chaque corde jouissent d'un bon sustain, mais surtout on n'oberve pas de variations sinusoidales que l'on a souvent sur des notes tenues. Ici le son décroit lentement et progressivement depuis l'attaque jusqu'à l'extinction de la note. WAOW !Vous l'aurez compris, cette acoustique représent un peu le Saint-Graal du folkeux, la Ferrari du bluesman ou encore la Rolls du Jassman (manouche ou non). Mais, le rockeur y trouvera de quoi composer les ballades "pièges à filles" de rigueur (et non de raideur). On évitera, peut-être, le sable des plage bande de sauvages. Mais, il y a une niche à laquelle peu de monde pense, celle des tapeurs acousticiens. Pour eux, d'après moi, il s'agit de l'arme absolue, le prix est à la hauteur du rêve, mais vu le résultat, il est largement justifié.
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Guitarist Classic Acoustic n° 06 Avril 2009
Modèle conservatoireJeune luthier français aujourd'hui installé dans le sud de la France, où il a commencé ses études de lutherie, Vincent Engelbrecht travaille d'abord deux ans dans le sud de l'Espagne, à Grenade, où il créé un petit atelier et fabrique ses premières guitares classiques, avant de revenir en France. Tâtant avec autant de bonheur des guitares à cordes métal et autres basses acoustiques, il nous propose ici une très jolie guitare d'étude qui, dès les premières notes, nous laisse penser qu'elle a déjà tout d'une future guitare de concert. A la loupeCe qui saute aux yeux de prime abord, c'est la beauté des essences et la qualité des finitions : pour un instrument de ce prix (1750 euros), on al'impression d'avoir affaire à une guitare de type semi concert. Ce modèle conservatoire possède une très belle table en cèdre, les éclisses et le dos étant constitués d'un palissandre indien massif de toute beauté, traversé d'une barre centrale en acajou du plus bel effet. Orné de très belles mécaniques "Gotoh", la tête, comme le manche, est en cèdre, la touche en ébène. Le chevalet en palissandreoffre un double perçage par corde, ce qui permet un meilleur blocage et évite l'étranglement de ces dernières à leur sortie. Ainsi, l'augmentation de la surface de contact, aussi bien qu'un meilleur appui sur le sillet, vont entrainer une meilleure vibration.Prise en mainLe réglage de l'action étant plutôt bas, l'instrument ne doit pas être joué avec force. Très galbé, le manche s'avère particulièrement confortable : 65 cm de diapason, avec un espace entre le Mi aigu et le Mi grâve de 5,7 cm au chevalet et un sillet de tête de 52 mm. C'est un fait, ce modèle se révèle très facile. La sonorité générale, puissante et chaleureuse apparait joliment timbrée, avec des aigu cristallins et des basses amples. Le sillet de chavalet compensé procure une justesse impeccable, chaque corde ayant une encoche à une distance différente, permettant une stabilité accrue. Le manche renforcé développe également cette brillante particularité. Enfin, le frettage au niveau de la touche joue la carte de l'esthétique, avec notamment des arrêtes magnifiquement polies, ce qui écarte toute blessure accidentelle. Guitare d'étude ou semi-concert ?En effet, cette guitare se situe dans une tranche de prix qui la placerait dans la gamme des guitares d'étude dites "conservatoire", mais sa qualité de construction et les matériaux utilisés en font presque une guitare de concert, la frontière entre les deux étant mince. Idéale pour un élève de 3ème cycle de conservatoire, cette Engelbrecht peut être également un très bon choix pour le professeur lors de son enseignement. Sa ligne sobre, la délicatesse des filets, la marqueterie très originale de la rosace, la qualité des essences font en effet de ce modèle Conservatoire un instrument de grande tenue au rapport qualité/prix inattaquable. Nul doute que nous verrons d'ici peu une Engelbrecht de concert voir le jour. En attendant, dans la catégorie des guitare d'étude ou semi-concert, où peu de choix s'offrent à nous, il est heureux de savoir que de tels instruments existent. |
Guitarist Acoustic n° 20 Février 2009
Basse électro-acoustiqueArt nouveauVincent Engelbrecht, luthier à Reillanne, Alpes de Haute-Provence, a innové avec cette basse électro-acoustique 4 cordes, le résultat d'un concept qui mélange originalité et nouveauté. La lutherie du futur dès aujourd'hui ! OriginalitéCette basse Vincent Engelbrecht est un modèle unique en son genre. Le jeune luthier a élaboré le premier modèle de la gamme pour son frère, qui est bassiste. Inutile de chercher ici des références à des modèles classiques tout a été pensé originalement. Un premier contact avec l'instrument permet de remarquer le système spécial de pan coupé, mais derrière le manche, pour un meilleur accès aux aigu. Le talon est décalé sur le dessus du manche pour libérer le pouce de la main gauche. On remarque également la rosaceexcentrée vers le haut et sur la gauche.Légèreté...Autre surprise, l'instrument est léger, malgré un dispason de 855 mm et un barrage renforcé du dos, à l'intérieur de la basse. Le bois des éclisses (palissandre indien) explique cette légèreté. Le corps est en cerisier, la table en réséda et épicéa, alors que le manche est en laminé-collé se compose de couches de palissandre indien, frêne et acajou.... de jeuJe pose les doigts sur la touche fretless en ébène. Le jeu est confortable, le son nerveux, se situant dans les médiums. Il s'agit bien d'une basse de virtuose ! Sur le manche, des repères pour chaque "case" virtuelle pour chaque case éliminent l'adaptation au jeu en fretless. On retrouve aussi des repères standards (sol, la, si, do#, mi) sur la tranche. Le toucher fretless est unique, toutes les modulations deviennent soudain possibles. le repose-pouce en ébène sera placé et réglé suivant le choix de chaque utilisateur. Après quelques instant de jeu, les cordes choisies et préconisées (des Savarez en nylon) se révèle très semblable aux filets ronds chers à la plupart des bassistes.PréampliLa base conceptuelle de cette Engelbrecht réside dans le jeu acoustique. Cependant l'amplification fait preuve également d'originalité, avec un préampli B-Band et deux capteurs placés sous la table pour le premier et sous le sillet en os pour le second. il faut chercher un peu pour trouver le réglage de volume et de balance qui se trouve sur le rebord de la rosace, à l'intérieur. Ce système est évolutif et sujet à des changements suivant les spécifications de l'utilisateur, précise Vincent Engelbrecht. Si vous préférés des potards externes...EsthétiqueA l'image de son jeu exceptionnel, le look de cette basse ne l'est pas moins. Les incrustations en buis sur le talon, la tête plaquée en palissandre indien, la table en tranches de réséda et épicéa, lui donne une esthétique unique, cher au coeur du luthier. Il est vrai qu'à 3200 euros, cette basse se classe dans la catégorie des hauts de gamme de lutherie mais avec une personalité rare et inimitable. Les passionnés apprécieront... |







